Quand la mode puise son inspiration au Maroc

Quand la mode puise son inspiration au Maroc

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Si les grandes places de la Fashion Week se trouvent à Paris, à Milan, ou à New-York, on peut dire que le monde de la mode puise ses inspirations un peu partout dans le monde. Il n’est pas rare de voir des designers s’inspirer (voire complètement copier) des tenues traditionnelles pour créer des lignes haute-couture ou du prêt-à-porter.

Bien évidemment, la beauté de l’artisanat marocain n’y a pas échappé.

Que ce soit à travers ses lignes, ses tenues, ses motifs, ou même ses lieux, le Maroc est une grande source d’inspiration pour les maisons de couture.

Muda Paris vous propose une petite rétrospective : Quand le Maroc influence le monde de la mode.

Pourquoi le Maroc fascine la mode depuis plus d’un siècle ?

Parmi tout l’artisanat présent au Maroc, on peut dire que la culture du vêtement est assez centrale. Surtout, c’est un artisanat où le travail manuel suscite beaucoup d’admiration, tant il se perpétue de génération en génération :

  • tissages,
  • passementerie,
  • broderies,
  • finitions,
  • travail de la laine,
  • travail du cuir…

Cette richesse artisanale se voit immédiatement et est facilement identifiable, même lorsque la pièce est “réinterprétée” dans une beaucoup plus couture ou luxe.

Un certain esthétique de la silhouette

Alors que les pays occidentaux ont tendance à découvrir les corps, la mode orientale préfère jouer sur la fluidité, l’ampleur, la superposition, les drapés, la mise en lumière des matières.

Et dans un sursaut d’originalité, les créateurs des grandes maisons de couture viennent parfois trancher avec leur minimalisme habituel pour s’inspirer de ces lignes, qui permettent à la fois de créer une nouvelle structure, inhabituelle, du vêtement, et de le laisser respirer.

Mode & tourisme à la croisée des chemins

On ne vous apprend rien en vous disant que le Maroc est une destination touristique très prisée, notamment pour sa ville mythique de Marrakech.

Marrakech est souvent décrite comme un déclencheur visuel : lumière, couleurs, contrastes, architecture, motifs… Pour certains créateurs de mode, la ville devient une véritable inspiration, et pas seulement une destination.

Le Musée Yves Saint Laurent Paris rappelle d’ailleurs que Saint Laurent revendiquait l’influence marocaine sur son œuvre et cite explicitement des pièces du vestiaire marocain (djellaba, jabador, burnous, tarbouch) comme sources d’inspiration.

L’influence du Maroc sur la mode : Les moments clés

1) Paul Poiret dans les années 1920

Quand on parle d’“orientalisme” et de "Nord-Afrique" dans l’histoire de la mode occidentale, Paul Poiret revient très souvent. Le Metropolitan Museum of Art conserve notamment un manteau de Poiret daté de 1918 sur lequel on peut clairement voir l’influence des tissus des djellabas traditionnelles en laine.

Ainsi, la Fondation Azzedine Alaïa documente une pièce “modèle Tanger” (ensemble manteau et robe, vers 1919–1920) et mentionne explicitement des références comme le burnous dans l’univers Poiret.

Ce qu’on peut retenir ici : à cette époque, l’inspiration ne se limite pas à un motif. Elle touche la coupe, le drapé, la capes/manteaux enveloppants, et l’idée d’une silhouette plus libre.

Il est important également de noter qu’à cette époque, nous étions encore loin de la mondialisation actuelle. La distance géographique et culturelle nourrissait un imaginaire oriental souvent idéalisé, voire fantasmé.

Ainsi, puiser son inspiration dans des formes et des motifs marocains, et bâtir une communication autour de cet “ailleurs”, était une pratique courante dans les arts et la mode, notamment avec la présence des colonies.

 

2) Yves Saint Laurent et Marrakech dans les années 1960

S’il y a un nom dans la mode occidentale, indissociable du Maroc, c’est Yves Saint Laurent.

D’ailleurs, le Musée YSL Paris écrit noir sur blanc :

“Yves Saint Laurent a toujours revendiqué la grande influence du Maroc sur son oeuvre. Il a su s’approprier la djellaba, le jabador, le burnous, le tarbouch, pour créer des silhouettes qui lui sont propres.”

Dans le cas d’Yves Saint Laurent, on constate beaucoup plus qu’il puise toute son inspiration dans l’artisanat marocain, et ne se contente pas de simples touches.

D’ailleurs, le terme “s’approprier” est très révélateur, et ne rend pas honneur — selon nous — aux artisans marocains. A cette époque, ce n’était pas sujet à polémiques, mais aujourd’hui on parlerait sans doute d’appropriation culturelle.

3) Vogue et le caftan dans les années 1970

Talitha Getty, mannequin dans les années 1970, a marqué l’histoire de la mode avec plusieurs photos pour Vogue, devenues cultes.

On la voit avec son époux, arborant tous deux des caftans marocains.

En pleine période “hippy”, les couleurs sont mises à l’honneur, autant que la fluidité des vêtement et leur côté décontracté.

On est alors davantage sur une image associée au voyage, au luxe nonchalant, à la fluidité… En bref, ces photos marquent un point de départ non négligeable pour un type de silhouette qui reviendra de manière cyclique sur les podiums.

4) Dior à Marrakech, 2019

Le défilé Dior Cruise 2020, présenté au palais El Badi à Marrakech en avril 2019, est un moment récent très intéressant, parce qu’il met sur la table un sujet moderne : l’inspiration doit-elle s’accompagner de collaboration, de crédit, de transmission ?

Maria Grazia Chiuri, alors directrice artistique chez Dior, indique lors de ce défilé qu’elle souhaitait “célébrer l’artisanat” et Vogue précise même qu’une association marocaine de textile et céramique, Sumano, a réalisé certaines pièces tissées.

On est alors davantage dans la mise en lumière de l’artisanat par la collaboration avec des acteurs locaux, de réels artisans.

D’ailleurs, le magazine WWD lancera comme phrase d’accroche “L’appropriation culturelle est morte. Vive l’appréciation culturelle !”

Ce qui en dit long à la fois sur la vision passée des directeurs artistiques qui “s’appropriaient” l’artisanat, et à la fois sur la nécessité d’un renouveau dans ces collaborations. 

En tant que marque qui souhaite mettre à l'honneur l'artisanat traditionnel marocain, Muda Paris ne peut que saluer cette appréciation. 

Artisanes marocaines ayant collaboré avec Dior 

5) Saint Laurent Homme au désert d’Agafay en 2022

Le Maroc n’inspire pas seulement la mode féminine. Il est aussi une source inépuisable d’inspiration pour le vestiaire masculin contemporain.

Renouant son lien avec le Maroc, la maison Saint Laurent Homme établit donc en 2022 son défilé dans le désert d’Agafay, à environ une heure de Marrakech.

Ici, l’influence porte moins sur des pièces en particulier, mais sur tout un univers. On met en lumière des silhouettes longues, des manteaux, des superpositions — des codes que l’on peut aussi retrouver dans des vêtements traditionnels marocains (sans forcément se les “approprier”... preuve peut-être que l’état d’esprit a pu changer)

Ce défilé se voulait davantage évocateur du lien entre la maison Saint Laurent et Marrakech, mais sans en évoquer véritablement l’inspiration au niveau de l’artisanat.

6) Alémais Resort pour 2026

L’influence marocaine n’est pas prête de s’éteindre car même pour des collections 2026, des marques y puisent toujours leur inspiration. On peut citer comme exemple la marque australienne Alémais qui a présenté un défilé à Marrakech.

La version UK du magazine Marie Claire relève des inspirations marocaines par les caftans, les pantalons amples, les imprimés, le raffia, etc. ,

Muda Paris : la valorisation des artisans marocains

Si au milieu du 20e siècle on pouvait puiser à outrance dans l’artisanat des différents pays, aujourd’hui, le contexte a changé :

  • l’autodétermination des peuples,
  • l’accès à l’information,
  • le tourisme de masse,
  • la circulation des images,
  • la parole des artisans …

Tout cela invite à une approche plus consciente, où l’inspiration se pense aussi en termes de collaboration et de respect des savoir-faire.

Ainsi, Muda Paris a voulu mettre en lumière l’artisanat marocain à travers le monde :

  • En rendant à César ce qui appartient à César,
  • En collaborant directement avec des artisans marocains,
  • En offrant à nos clients des pièces brutes, pas juste “inspirées”

Du manteau de Poiret aux silhouettes iconiques d’Yves Saint Laurent, en passant par l’image culte de Marrakech dans les années 1970, une évidence s’impose : le Maroc n’a jamais cessé d’alimenter le monde de la mode.

Ce qui fascine, au fond, ce n’est pas seulement des motifs ou un esprit un peu oriental. C’est aussi une manière de penser le vêtement : le sens du volume, l’élégance des superpositions, la noblesse des matières, et surtout la richesse d’un artisanat qui traverse le temps sans perdre sa force.

Aujourd’hui, le contexte a changé. L’inspiration ne peut plus se limiter à un décor ou à un imaginaire lointain : elle invite à davantage de collaboration avec celles et ceux qui portent ces savoir-faire. C’est aussi ce qui rend l’héritage marocain si actuel : il ne se réduit pas à une tendance, il propose une autre idée du luxe, plus durable, plus ancré, plus humain.

Chez Muda Paris, cet héritage se vit au quotidien : à travers des tenues typiquement marocaines qui s’inscrivent dans une garde-robe élégante, pensée pour les occasions comme pour la vie de tous les jours. Parce que porter une djellaba, un caftan ou un jabador, ce n’est pas “suivre” la mode : c’est choisir une allure, un héritage, une histoire, et une exigence dans les détails… qu’aucune maison de couture ne pourra égaler.

Découvrir Muda Paris

Sources 

1) The Met – Paul Poiret, Coat (1918)
2) Fondation Azzedine Alaïa – Paul Poiret 
3) Musée Yves Saint Laurent Paris – "Yves Saint Laurent et le Maroc"
4) Vogue – Talitha Getty (article)
5) WWD – Dior Resort/Cruise 2020 review (Marrakech, collaborations)
6) Vogue France – Dior croisière 2020 à Marrakech (points clés)
7) Vogue – Saint Laurent Spring 2023 Menswear (Agafay)
8) WWD – Saint Laurent Men Spring 2023 review
9) Marie Claire UK – Alémais Resort 2026 show in Marrakech

Crédits photos :

Photo 1 : Fondation Azzedine Alaia 
Photo 2 : My Little Kech